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Vendredi 18 novembre 2005
(à partir de maintenant, la parution des chapitres va être relativement ralentie: Je n'ai pas fini d'écrire le chap 12, et la parution a enfin rattrapé l'écart! ^^)

Chapitre 10 : Trois jours plus tard… :


Le quartier de la treizième division se situait un peu à l’écart des douze autres groupes. Elle comprenait quatre bâtiments distincts. La première fois que nous étions venus, tous les nouveaux, dans l’enceinte de la division, nous étions directement entrés dans le bâtiment principal, qui comprenait une grande salle commune, une grande salle d’entraînement, deux plus petites, la chambre du capitaine et celle du vice-capitaine, ainsi que leur bureau commun. Il y avait également une cuisine, où l’on préparait tous les repas des membres de la 13e division, qui mangeaient dans la salle commune. Les cuisiniers et cuisinières étaient des gens qui passaient la principale partie de leur vie dans les quartiers qui leur étaient réservés dans un deuxième bâtiment. Les deux autres bâtiments étaient les dortoirs respectifs des shinigamis, hommes et femmes. Les chambres étaient soit individuelles, soit doubles. Les nouveaux héritaient souvent de ces dernières, histoire de se sentir moins seuls parmi tant de nouvelles têtes.

Je sentis une secousse. Douce. Puis plus insistante. Je n’ouvrais pas les yeux, me demandant si je rêvais encore. Les secousses cessèrent, et alors que je me rendormais, je sentis un souffle froid dans mon oreille. Un frisson me parcourut l’échine.
_ Coucou, c’est le matin…
                La voix dans mon oreille me fit sursauter, et je fis un bond dans mon lit, en poussant un petit cri. Je voyais alors la silhouette de Suzumu qui se tordait de rire à coté de mon lit. Nous partagions une chambre à deux, et bien que très spacieuse, il ne pouvais pas s’empêcher de venir si près de moi pour me réveiller le matin. Je préférais encore quand Marie jetait ma couverture à l’autre bout de la pièce… En tâtant le sol à coté de ma paillasse, je grognais :
_ Arrête de me faire si peur de bon matin, j’ai horreur de ce réveil. Un jour je vais faire une crise cardiaque !
Suzumu, entre deux rires, me répondis :
_ Pfff… Si tu devais faire une crise cardiaque, ca ferait longtemps que tu l’aurais faite ! Hihihi ! Et puis tes réactions sont trop marrantes !

Je glissais mes lunettes sur mon nez, et je le regardais se redresser et se diriger vers la fenêtre d’un geste souple, faisant noblement onduler ses longs cheveux lisses dans son dos. Le temps que je comprenne ce qu’il était en train de faire, il avait déjà ouvert en grand la fenêtre, et faisait de grands signes au bâtiment de l’autre coté de la rue, en criant :
_ Salut les filles ! Ouvrez !!
La fenêtre en face s’ouvrit bientôt sur deux visages féminins, qui répondirent par de grands signes.
_ Hé ! Je ne suis pas changé ! Referme cette fenêtre tout de suite !! Criais-je à Suzumu en tentant vainement de ramener la couverture sur mon torse nu.

La fenêtre donnait directement sur mon lit, alors que celui de Suzumu était juste à coté du mur extérieur. Rin souriais timidement, le rose aux joues. Mika, elle, faisait de grands signes vers nous et cria :
_ C’est bon, Danniel ! On ne va pas te manger ! Dit-elle en riant.

Son bandana, aujourd’hui, était vert sombre, laissant ressortir ses yeux noisette et ses cheveux roux. Je me levais, la couverture autour de mon col, résolu à aller m’habiller derrière un recoin de mur qui me cachait du reste de la pièce. Je savais bien que Suzumu ne refermerait pas la fenêtre malgré mes plaintes. Il aimait beaucoup trop l’air pur… Je le vis se saisir d’un petit caillou qui traînait dans la chambre, si bien rangée qu'il n'eut qu'à se baisser pour en trouver un, et retourna à la fenêtre. Je n’avais pas besoin de voir la suite pour savoir ce qui allait se passer. Suzumu se pencherais par-dessus l’encadrement de bois et jetterais ce petit caillou sur la fenêtre d’en dessous. Et il dirait, d’une voix forte… J’entendis sa voix :

_ Allez, Yukino, ouvre, tu rates quelque chose !
               Et alors Yukinosuke ouvrirait la fenêtre à son tour, torse nu, et jetterais un autre caillou vers le haut, que Suzumu éviterais sans problème. Une fois changé, je sortis, et je vis en effet le caillou passer à la verticale, à coté de la tête de mon ami. Une fois à la fenêtre moi aussi, je me penchais et je reçus le petit caillou sur le crâne alors qu’il retombait. « Aïe ! »

Yukino était à moitié en dehors, un pied sur l’encadrement de la fenêtre, seulement vêtu de son pantalon de Shinigami.

_ Hey ! Suzumu ! On se lève pas tous à la même heure que toi ici ! C’est pas ma faute si t’es matinal mon vieux ! Oublie-moi le matin !
Suzumu pouffa en le voyant à demi réveillé, et lui répondis :
_Je me lève à la même heure que les filles, moi !

               Aussitôt, Yukino tourna la tête vers la fenêtre ouverte, assez vite pour voir le visage rouge écarlate de Rin se cacher sous la fenêtre, et celui de Mika, dont les lèvres dessinait un sourire amusé. En entre-aperçevant le visage de Rin, celui de Yukino s’était rosi aussi, et il rentra immédiatement dans la chambre pour se vêtir totalement. Suzumu finit de rire, puis referma la fenêtre en faisant à nouveaux de grands signes de l’autre coté de la rue.
_ Pourquoi tu ne leur as pas proposé de venir s’entraîner avec nous, aujourd’hui ? Demandais-je.
_ Aujourd’hui, c’est entre toi et moi… Répondit-il simplement.
Je n’arrivais pas à lire le sentiment qu’exprimaient ses yeux. En même temps un brin d’amusement, de douceur, mais à la fois une dose de malice et d’intérêt. Nous mirent tous deux notre zanpakuto à la ceinture avant de partir pour l’une des petites salles d’entraînement, généralement vides le matin, sans même passer prendre notre petit déjeuner.

Depuis que nous étions rentrés de missions, nous avions passés deux journées à s’entraîner, moi et Suzumu, et parfois Rin, Mika, ou encore Yukinosuke, nous suivaient dans cet entraînement. Mais ce matin là, nous ne partîmes que tous les deux. Les autres avaient certainement compris ce que voulais Suzumu, mais moi, je ne comprenais pas. D’ailleurs, je ne me posais pas plus de questions que ça. Nous saluâmes quelques shinigamis de notre division sur le chemin. Nous croisâmes également Louise, qui avait été présente pour notre première mission, et elle nous sourit en nous saluant. Elle se doutait sans doute de notre destination, et elle approuvait. Une fois dans le bâtiment central, nous entrâmes dans l’une des deux petites salles d’entraînement, qui était effectivement vide. Suzumu posa son zanpakuto sur le coté et je fis de même. Je me mis à trottiner sur place pour me chauffer un peu. Suzumu, lui, alla directement chercher deux boken et m’interpella en me le lançant. Surpris, je le rattrapais au vol aussi bien que je le pus, c’est-à-dire en me faisant mal à deux doigts.
                 Je le repris en main, et mon ami se posta devant moi, la pointe de son arme dans ma direction, ne laissant aucune ouverture, et me regardant intensément. Le même regard. Je ne pouvais le comprendre profondément. Il était en tout cas soutenu par ce sourire habituel, qui courbait sa bouche pratiquement tout le temps. Sur le chemin, il avait pris le temps de nouer ses cheveux. J’ajustais mes lunettes, et me mis en garde à mon tour. Cela m’étonnais que l’on commence directement par un combat. Mais j’essayais de ne pas montrer mon appréhension.

_ J’attaque ! Souffla-t-il.

Ce mot prenait une intonation nouvelle. Il allait attaquer. Oui. Pas s’entraîner, mais attaquer. Comme il l’avait fait contre les Hollows. Il plia souplement les genoux et abaissa son sabre pour l’amener, lentement, à son coté. Aucune ouverture ne se faisait, à travers ses mouvements. Son regard. Je le compris un peu mieux. Il ne me regardait pas. Il m’observait. Comme on observe une proie, un ennemi, et son recul envers moi me donna un frisson dan le dos. Je déglutis. Il attaqua. Par le coté. Je me mis en défense, stoppant son sabre. Je n’eus pas le temps d’être surpris par la puissance du coup, que déjà il déviait ma défense en tournant autour de moi. Donnant des coups de boken puissants. Je ne faisais que parer. Je parais tous ses coups. La sueur coulait sur mon visage, la tension crispait mes pauvres muscles, et mes dents se serraient inconsciemment. Je défendais, je défendais. Le moindre coup de cette puissance me donnerait un handicap pour bouger.

Suzumu semblait lire dans mes pensées. Et alors qu’il attaquait, encore et encore, il cria :
_ Attaque ! Ce n’est pas un combat ça ! Attaque ! Si tu continues, j’ai déjà gagné ! Il vaut encore mieux que tu te prennes des coups plutôt que d’être bloqué ainsi ! Tu ne fais rien ! ATTAQUE !!
            Ce dernier mot fut accompagné d’un mouvement dont je ne m’attendais absolument pas, et il pu me frapper à la hanche. Il ne retint pas son coup. Je laissait sortir un cris de douleur de ma gorge, mais je ne pouvais pas lâcher mon boken, tant mes mains étaient serrées sur le manche. Après ce coup, je me doutais bien que je ne pourrais plus parer ses prochains coups, et je me lançais alors sur Suzumu, battant l’air de mon sabre en bois. Lui, esquivait mes attaques et me toucha à nouveau, avec la même puissance, au bras gauche. Un nouveau cri de douleur. Je tentais désespérément de le suivre des yeux pour l’attaquer, et il dût s’en rendre compte, car son coup suivant porta sur mon visage. Je pus l’éviter de justesse, mais mes lunettes tombèrent au sol et j’entendis le craquement des verres qui tombaient au sol. Je ne pus plus me fier qu’à la silhouette floue de mon ami.
            Le combat dura encore un long moment. Il me toucha plusieurs fois. Tout mon corps me faisait mal. Il ne me sembla pas que j’eus pu le toucher une seule fois. Puis il s’écarta un peu et murmura quelque chose, avant de tendre la main vers moi. Je ne compris que trop tard qu’il s’agissait d’une technique de kido, et je vis une boule violacée d’énergie spirituelle foncer vers moi. Je pus déplacer mon visage, mais mon boken, lui, vola en morceaux. Lâchant ce qu’il en restait, je regardais Suzumu. Je devinais que la colère avait à présent trouvé une place dans son regard. Il fonça à nouveau sur moi. Alors je me penchai pour ramasser le reste de mon sabre de bois pour me défendre, mais Suzumu arrivait, et lança son bras armé en direction de mon dos. Il s’arrêta juste avant de me toucher. Je sentais le bois à quelques demi millimètres de mon dos, et je ne bougeai plus moi non plus. Le temps sembla s’arrêter, puis Suzumu se laissa tomber en arrière. Toute la pression du lieu se relâcha en un instant. Le combat était fini. Je me laissais à mon tour tomber au sol. Manque de chance, un morceau de bois acéré entra dans mon bras, et je me relevais en criant. Du sang glissait sous mon haut noir. Suzumu réagis immédiatement, s’approchant de mon bras. Il saisit le bois tout proche de ma plaie et le serra fort pour qu’aucun débris ne reste dans ma blessure, et il le tira violemment à lui, m’arrachant un nouveau cri de douleur.

            La porte de la salle s’ouvrit violemment.
_ Qu’est-ce qui se passe, on égorge quelqu’un ici ?!
Nous nous tournèrent vers le nouvel arrivant, et Suzumu se dressa droit comme un I. Quant à moi, je tentais de faire de même, mais mes jambes peinaient à me porter.
_ Bonjour mon capitaine ! Articula Suzumu, alors qu’à coté de lui, je tombais à la renverse. Il me rattrapa au dernier moment.
            Nous n’avions pas encore vus le capitaine de notre division, de par sa santé fragile. Il n’avait pas pu participer à la rencontre avec les nouveaux arrivants dans sa division, et il sortait apparemment du lit, vêtu d’un kimono et d’une large veste. Présentations ratées. Nous avions perdu toute crédibilité. Alors comment rattraper la boulette de sa vie ? Se ridiculiser à la première rencontre avec l’homme qui vous dirigera à présent… Je n’ai jamais été bon pour donner aux gens une bonne image de moi, mais alors, c’était le bouquet… Rah, si je pouvais revenir en arrière et tout recommencer… Et changer le petit poids qui me tenait lieu de cerveau…
            L’homme parut surpris de voir deux nouvelles têtes. Ses longs cheveux blancs lui donnaient une démarche importante, et me rappelaient ceux de Kamui, qui, lui, les portaient pourtant plus courts. Son visage expressif était bien défini par une large mâchoire et des yeux gris fins. Malgré ses cheveux blancs, il paraissait jeune, enfin adulte, et pas une  ride ne creusait son visage. Sauf à présent qu’il relevait ses sourcils. Sur son front se creusaient de fins sillons. Il avança vers nous et s’accroupis à quelques pas.
_ Vous n’auriez pas besoin d’un peu d’aide par hasard ? Demanda-t-il en montrant d’un geste du menton ma blessure.
Sans attendre la réponse, il se redressa et se dirigea d’un pas pressé vers le fond de la salle. Il ouvrit une petite armoire à pharmacie d’où il sortit une bouteille de désinfectant et un pansement.
            Ma blessure fut rapidement arrangée, et il se leva alors, toujours aussi surpris, et nous regarda l’un après l’autre.
_ Alors ? Qu’est-ce qui se passait ? Ce n’est pas une salle de torture ici…
Suzumu se gratta la tête et lui répondit, gêné :
_ C’est de ma faute, mon capitaine. On s’entraînait, et puis…
Je pris la relève :
_ Et puis on était tellement dedans… Et j’ai du mal positionner mon boken, parce qu’avec un seul coup de son arme, il a fracassé la mienne…

 On se regarda, puis nos regards se tournèrent vers le capitaine. Il souffla, avant de reprendre sur une voix plus douce :
_ Toi, il se tourna vers Suzumu, je t’ai déjà vu..., accroché à Kamui-kun, non ?
_ Aoki Suzumu, un bleu de votre division, capitaine Ukitake.
Un sourire éclaira le visage de l’homme, et il se dessina à son tour sur le visage de mon ami, qui semblait se détendre.
_ Bienvenue, Aoki-san.
_ Un simple 'Suzumu' suffira mon capitaine, répondit-il en mettant les mains derrière son crâne.
Puis Ukitake se tourna vers moi. Je me redressais du mieux que je le pus, et je me présentais à mon tour :
_ Condant Danniel, je suis aussi un bleu de votre division. Ravi de vous rencontrer mon capitaine.
Son sourire s’élargit encore un peu. Me voir si troublé devait être comique…
_ Bienvenue à toi aussi… Il se retourna, et, arrivé dans l’encadrement de la porte, il nous regarda :
_ Suzumu, Danniel, je sens qu’il faut que j’aille rencontrer vos camarades à leur tour, quant à vous, ne vous surmenez pas trop !
Il referma doucement la porte, et nous vîmes son ombre s’éloigner. Un instant après, Suzumu éclata de rire.

_ Pffouah Ha Ha ! Ce qu’on peux être gauche des fois !
Je le regardais d’un air amusé, oubliant presque mon corps meurtri. Puis il cessa de rire et s’assit devant moi, en me regardant. Cette fois-ci, je comprenais bien son regard. La même douceur que lorsque nous nous étions rencontrés pour la première fois. Avec une touche de bienveillance. Il avait détaché ses cheveux, et son visage me faisait plus penser à présent à une femme qu’à l’homme qui venait de me mettre dans un état pitoyable. Nous restâmes un certain moment ainsi, avant qu’il ouvre la bouche :

_ Pardon. Il y eut un blanc, puis il repris. Je te demande pardon, pour t’avoir crié dessus. Pour t’avoir fait mal. Mais je penses que c’était un mal nécessaire. Tu as du mal à apprendre, et j’ai remarqué que te forcer était la seule chose qui te faisait vraiment avancer. Pardon de m’être emporté. Je n’aurais jamais dû utiliser le kido, mais… Je ne me suis raisonné que plus tard.
Il laissa sa tête tomber en arrière, et continua :
_ Mon bras va toujours plus vite que mon cerveau. Pardon.

 Un nouveau silence s’installa. Mais cette fois-ci, c’est moi qui le brisai :
_ Pardon ? Toi, tu es fort. Tu n’as pas besoin d’être pardonné pour ça. Merci… Mais si tu pouvais m’aider à me relever maintenant, j’aimerais bien aller dormir un peu.
Il ri, et m’aida à tenir sur mes pieds. La douleur partait petit à petit. Nous avions l’air bien, tous les deux, dans les couloirs de la 13e division, marcher bras dessus bras dessous comme deux éclopés. Plus loin, nous vîmes une silhouette qui approchait à grands pas de nous.

 _ Aïe Aïe Aïe, mauvaise nouvelle ça… Me souffla Suzumu.
 Mika se stoppa devant nous, et nous mis une baffe à chacun :
_ Bande d’abrutis, c’est ça que vous appeler s’entraîner ?! C’est de la boucherie oui !
Nous n’eurent pas le temps de nous défendre qu’elle continuait déjà sa route en grognant. Mon ami me regarda en souriant, et haussa les épaules. Quant à moi, je me contentais d’un :
_ C’est une violente cette fille…

Suzumu pouffa sans que je ne comprenne. Nous passâmes les quelques jours suivants  à s’entraîner plus tranquillement. Je maniais plus souvent le boken que mon zanpakuto, mais nous faisions aussi des exercices à l’extérieur. Je n’avais pas revu Marie depuis notre petite entrevue. Et son visage commençait à me manquer, tout autant que ses paroles. Mais je ne pouvais me résoudre à quitter l’entraînement. Je savais que j’en avait vitalement besoin. Je ne m’en sortirais pas avec quelques bleus, comme contre Suzumu, et tout le monde ne sera pas toujours là pour me secourir… Devenir fort. Je lui avais promis. Je restais un crétin, mais je serais un crétin fort. Je devais respecter ma promesse.
 

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