Chapitre 8 : première mission :
J’étais en même temps enthousiaste à l’idée de notre première mission, mais d’un autre coté je n’avais pas envie de prendre des risques… Le jour qui suivi, nous fîmes connaissance avec les deux shinigamis qui devaient nous accompagner. Je fus d’ailleurs surpris que Kamui nous accompagnât. Il y avait aussi une jeune femme un peu rondelette, aux cheveux très courts, qui venait avec nous. Kamui nous rassembla tous les six dans la salle commune de la 13e division, et prit la parole :
_Bien, demain ce sera votre première mission. Je tiens à mettre les chose au clair tout de suite : Celui qui désobéira à mes ordres ou à ceux de Louise, il montra la jeune femme, auront affaire à moi ! Cette mission est destinée à vous mettre en situation concrète, par rapport aux devoirs que vous aurez souvent à accomplir. Ce n’est théoriquement pas une mission difficile, et si vous écoutez bien, ça ne posera aucun problème. Des questions ?
Le silence s’installa dans la salle, quand une main se leva. Yukinosuke prit la parole :
_ Les autres nouveaux ont une mission du même genre ? Pourquoi sommes-nous séparés ?
_ Parce que pour une mission comme celle là, le nombre que nous sommes suffit largement, et il faut des personnes expérimentées avec vous, pour votre première sortie. Répondit Kamui.
Je sentis Rin bouger un peu à coté de moi. Elle monta sa main à sa bouche, et baissa la tête. Avant que j’eusse put dire quoi que ce soit, Suzumu, qui se trouvait de l’autre coté de Rin, se pencha pour la regarder gaiement :
_ Qu’y a t’il, Rin-chan ? Tu voulais poser une question ?
_ Euh… non. Ce n’est pas important.
_ Allons, on ne va pas te manger, tu nous connais maintenant !
Rin leva la tête vers Kamui puis en détourna son regard, les rouges rosées. Kamui, voyant que les questions ne venaient plus, tourna les talons, et la jeune femme en fit autant.
_Alors rendez-vous devant le Portail à sept heure !
Nous les regardâmes partir, puis, dès qu’on ne les vit plus, Suzumu sauta devant Rin, et, d’un air tout aussi enthousiaste, il repris :
_ Alors ! Qu’est-ce que tu voulais ?
La jeune shinigami secoua frénétiquement la tête.
_ Non, ce n’est rien !
Yukinosuke s’y mit à son tour :
_ Allez, arrête de faire ta timide, il n’y a plus que nous !
Moi, je m’assis sur l’un des fauteuils qui ornait la salle, et je lançais :
_ Bah ! Laissez-la ! Elle déteste être le sujet de conversation !
Suzumu, les mains aux hanches, grogna :
_ Mais ce n’est pas pour l’embêter qu’on fait ça !
Rin, ni une ni deux, me regarda avant de me saluer :
_ Merci, Danniel. Alors à demain !
Elle commença à trottiner vers la sortie, quand Yukinosuke l’interpella :
_Hé, attends ! Tu ne veux pas t’entraîner avec nous pour demain ?
Elle se stoppa et se retourna. J’étais surpris aussi, nous n’avions pas prévu de nous entraîner… Et les joues de Yukinosuke rosissaient à leur tour. Rin fit un signe d’approbation de la tête et avança vers nous. A coté de moi, Suzumu, le sourire jusqu’aux oreilles, les observaient tous les deux.
Et c’est ainsi que nous nous retrouvâmes tous les quatre dans la salle d’entraînement de la division, des sabres en bois entre les mains. Les deux matchs étaient prévus ainsi : Rin VS Yukino, et Moi VS Suzumu. Le premier match commença. Moi et Suzumu, nous regardions les deux combattants. Enfin… JE regardait les deux combattants ; Suzumu avait du mal à se tenir droit, plié en deux, et pouffant de rire dans mon dos. Rin et Yukinosuke semblaient ne pas le remarquer… Heureusement. Enfin je comprenais le fou rire de mon ami. Rin, tenait son boken droit devant elle, comme pour dresser un mur entre elle et son adversaire. Elle ne le regardait pas dans les yeux. Elle fixait un point entre son menton et son torse. Lui, la regardait droit dans les yeux, le visage crispé, les muscles contractés. Il était habituel de voir Rin rougir, mais cela arrivait très rarement à Yukino, qui ressemblait à une véritable tomate. C’était à moi de donner le départ. Je levais lentement la main. Un moment passa. Puis je baissais brusquement mon bras en criant : « Hajime ! »
Suzumu s’était arrêté de rire et regardait les deux adversaires, penché sur mon épaule. Malgré le coup d’envoie, ils restaient sans bouger. L’espace autour d’eux s’emplissait petit à petit d’une tension étrange. Yukino déglutit. Une goutte de sueur coula le long de son nez, et tomba sur sa main. Je venais de remarquer que Rin le regardait enfin dans les yeux. Je le sentais serrer ses doigts sur le manche en bois. Puis soudain, il cria en brandissant son arme et l’abattit sur son adversaire. Je fermais les yeux en entendant un son mat. Quand je rouvrais les yeux, Yukinosuke avait laissé tomber la pointe de son boken sur le sol, et Rin se trouvait à sa droite, tout proche de lui, sa lame juste devant le ventre de Yukino. Suzumu se leva et attrapa les mains de Rin en sautillant de joie ; elle laissa tomber son bâton au sol. Moi, je me dirigeais vers Yukinosuke, et je lui posais une main sur l’épaule :
_ Ca va ?
Il se retourna vers moi et me fit un sourire.
_ Oui, je vais bien ! N’empêche…
Il jeta un regard à Rin.
_ Je suis bien content de l’avoir dans l’équipe…
Alors que Yukinosuke se dirigeait sur le bord de la salle pour s’asseoir, Rin se posta devant lui, et inclina la tête :
_ Merci pour cet échange. Est-ce que tout va bien ?
_ Pas de problème ! C’est plutôt moi qui devrait te remercier, pour m’avoir laissé entier !
Il lui sourit, et elle répondit d’un sourire gêné, avant de s’asseoir à son tour.
Suzumu avait l’air très motivé, et il me mit un boken entre les mains, tout en en prenant un lui aussi. Puis nous nous mîmes face à face, et, toujours en gardant son grand sourire, il me dit :
_ A nous maintenant ! Je sens qu’on va bien s’amuser !
Je lui répondais d’un simple signe de tête. Le précédent combat avait été vite expédié. Je me sentais déjà mal partit. Contrairement à moi, Suzumu n’était pas manchot, je le comprenais rien qu’en le regardant. Mais ce qui m’inquiétais encore plus, c’est que je ne l’avais jamais vraiment vu se battre, je ne connaissais pas du tout son style… Je distinguais Yukino qui levait le bras, sans pour autant lâcher mon adversaire des yeux. Puis le mot fatidique : « Hajime ! »
Je savais que si je ne portais pas le premier coup, c’était Suzumu qui allait le porter… Je brandissais donc mon boken devant moi pour le rabaisser, sur le vide… Je sentais une petite douleur dans mon dos, et je me retournais pour voir Suzumu relever son sabre. Je pus parer le deuxième coup, mais son sourire me déstabilisait. Sa vitesse était incroyable ! J’arrivais à peine à le suivre des yeux pour parer ses coups principaux. Il donnait de petits coups, pas trop durs pour m’empêcher de me battre, mais assez fort pour que je sente où il les portait. Il se faufilait tel un serpent derrière moi, à coté de moi, et me donnait des coups où bon lui semblais. Totalement dépassé, je subis un nouveau coup à l’épaule, et je me retournais vers lui, et, en parant son coup suivant, je réussis à projeter son bras armé un peu en arrière.
*Une ouverture !*
Je lançais donc mon boken sur son flanc droit, et alors qu’il me semblait que j’allais le toucher, un coup brutal me fit voler en arrière et tomber à terre, envoyant valser mes lunettes. Je massais ma joue, en regardant la silhouette de Suzumu. Sa main gauche fermée en un poing se desserra lentement. Je l’imaginais gardant toujours ce sourire si caractéristique, et je l’entendis me dire :
_ Fufufu… Tu as une arme, c’est bien… mais il ne faut pas en être dépendant. Ce n’est pas mon boken que tu dois contrer, c’est Moi ! Ce n’est pas les mouvements de mon boken que tu dois suivre, c’est les Miens ! Tu ne te bats pas contre mon boken, tu te bats contre Moi !
_ Att… Attends que je récupère mes lunettes !
_ Tu n’en a pas besoin, tu me vois, non ?
_ Mais…
Je n’eus pas le temps de continuer que je voyais la silhouette de Suzumu bouger dangereusement. Mon seul réflexe fus de rouler sur le coté, et à peine j’étais levé que la silhouette se tourna vers moi. Je me baissais alors, fauchant l’air de mon boken. Il s’arrêta sur quelque chose de dur. La silhouette cessa de bouger. Puis elle s’éloigna. Je lâchais mon sabre, qui vint percuter le sol. Puis la silhouette revint vers moi. Je serrais les poings, quand soudain je vis distinctement le visage paisible de Suzumu. Il me sourit calmement, et, alors que j’ajustais mes lunettes sur mon nez, il se recula en disant :
_ J’ai perdu !
Je restais bouche bée. Puis mon regard tomba sur sa jambe droite. Il se baissa pour masser son genou :
_Fff… Tu ne m’as pas raté… Bravo ! Et… il inclina la tête à son tour, Merci pour cet échange !
Je ne l’avait peut être pas raté, mais ça ne l’empêchais pas de continuer à sautiller partout comme une jeune fille… Moi j’avais du mal à me traîner lamentablement après tous les coups que j’avais reçu. Tous mes os me faisaient mal. Je me demande si ce n’était pas la meilleure méthode pour apprendre l’anatomie du corps humain… Ainsi abîmé, je sentais la moindre parcelle de mes muscles, meurtris par les attaques de mon ami.